Peur de l’accouchement : comment l’accueillir sans la laisser tout envahir ?

Tu as peur de l’accouchement.

Peut-être de la douleur.

De l’hôpital.

De perdre le contrôle.

D’une césarienne.

D’arriver trop tard pour la péridurale.

Ou tout simplement de ne pas savoir quoi faire lorsque les contractions commenceront.

Et peut-être as-tu presque honte de l’avouer.

Parce que l’on t’a dit que toutes les femmes y étaient passées avant toi.

Que tu serais entourée de professionnels.

Que tu devais faire confiance à ton corps.

Que tu devrais être plus forte ou plus courageuse.

Pourtant, avoir peur ne signifie pas que tu manques de confiance ou de courage.

La naissance est un événement intense et largement inconnu. Il est naturel qu’elle réveille des questions, des inquiétudes et parfois des peurs très profondes.

Le véritable enjeu n’est donc pas toujours de faire disparaître la peur.

Il est de comprendre ce qu’elle vient te dire et d’éviter qu’elle occupe tout l’espace.

Pourquoi la naissance peut-elle faire si peur ?

La peur est un mécanisme de protection.

Elle apparaît lorsque ton cerveau identifie un danger réel ou possible.

Le problème, c’est que l’inconnu suffit parfois à déclencher cette alerte.

Tu peux avoir peur parce que tu ne sais pas à quoi ressemblera une contraction.

Parce que tu ignores comment fonctionne une salle de naissance.

Parce que tu redoutes les gestes médicaux.

Parce que ton premier accouchement t’a laissé des traces.

Ou parce que tu as entendu tant de récits contradictoires que tu ne sais plus à quoi t’attendre.

Parfois, la peur vient aussi du sentiment que tu devras savoir instinctivement comment réagir.

Mais personne ne naît en sachant traverser une contraction, respirer lorsque l’intensité augmente ou exprimer clairement ses besoins dans un environnement inconnu.

Tu peux apprendre.

Tu peux découvrir des ressources.

Tu peux t’entraîner à revenir à ton corps même lorsque ton mental commence à s’emballer.

Et si tu commençais par écouter ta peur ?

Chercher immédiatement à « lâcher prise » peut devenir une nouvelle injonction.

Tu as peur, mais tu devrais te détendre.

Tu anticipes, mais tu devrais penser positivement.

Tu poses beaucoup de questions, mais tu devrais faire confiance.

Or la peur n’a pas toujours besoin d’être contredite.

Elle peut d’abord être entendue.

De quoi as-tu peur exactement ?

De la sensation physique ?

De ne pas être écoutée ?

De ne pas comprendre ce que l’équipe médicale te propose ?

D’être séparée de ton bébé ?

De revivre une expérience passée ?

Lorsque la peur devient plus précise, elle devient aussi plus facile à aborder.

Tu peux alors rechercher les informations réellement utiles, visiter la maternité, échanger avec ta sage-femme, réfléchir à la place de la personne qui t’accompagnera ou clarifier les options qui s’offrent à toi.

La peur de la douleur comme celle de l’inconnu peut déjà s’atténuer lorsque l’on apporte des réponses concrètes à ce que le corps identifie comme un signal de danger.

Comprendre pour retrouver des repères

Comprendre la physiologie ne signifie pas chercher à contrôler la naissance.

Cela signifie mettre du sens sur ce que tu vas peut-être ressentir.

Une contraction n’est pas une douleur qui apparaît au hasard.

Elle monte, elle atteint un sommet, puis elle redescend.

Et entre deux contractions, il existe un temps de récupération, tu ne sens plus rien.

Savoir cela ne supprimera pas l’intensité.

Mais tu ne la vivras pas nécessairement de la même manière si tu comprends ce que ton corps est en train d’accomplir.

Tu peux également apprendre à accompagner la contraction avec ton souffle, comme une vague qui va et vient.

À relâcher réellement ton corps lorsqu’elle redescend.

À bouger, vocaliser, te connecter à ton bébé.

À sentir que tu n’es pas seulement en train de subir une sensation, mais que chaque vague vous rapproche l’un de l’autre.

« Et si je ne sais plus quoi faire le jour venu ? »

C’est une peur très fréquente.

Tu peux avoir lu beaucoup de choses et craindre malgré tout que tout disparaisse au moment où l’intensité commencera. Qui n’a pas eu peur de tout oublier le jour d’un examen?

Sauf que là il ne s’agit pas d’un examen et c’est précisément pour cela qu’il est important de ne pas seulement comprendre les outils, mais de les pratiquer.

Le jour de la naissance, tu seras dans ton corps. Plus tu te déconnecteras et mieux ce sera.

Ton corps pourra reconnaître un souffle que tu as répété, un mouvement qui t’a déjà aidée à relâcher ton bassin. Un geste qui te ramène à la sensation de sécurité, une visualisation que tu as associée au calme. D’ailleurs je propose souvent d’associer des objets par exemple aux visualisations pour y revenir plus facilement.

Il ne s’agit pas d’apprendre une performance.

Il s’agit de créer des chemins suffisamment familiers pour pouvoir les retrouver lorsque tout s’accélère. La sophrologie c’est un peu comme une pratique sportive, plus on le fait plus on en ressent rapidement les effets positifs.

La peur ne disparaît pas toujours

Je crois que la peur est un sentiment qui accompagne la maternité de façon général.

Elle peut commencer avec le désir d’enfant.

« Est-ce que je deviendrai mère ? »

Puis pendant la grossesse :

« Est-ce que son cœur bat toujours ? »

Elle se déplace ensuite vers la naissance, puis vers l’après.

Lorsque l’on aime profondément, on devient aussi vulnérable à la peur de perdre, de ne pas savoir ou de ne pas réussir à protéger.

Cela ne signifie pas qu’il faut laisser la peur diriger toute notre vie.

Mais peut-être qu’il n’est pas nécessaire d’en avoir honte ou de chercher à la supprimer entièrement.

L’accepter et l’exprimer auprès d’une personne capable de l’entendre constitue déjà un premier pas.

Et puis encore une fois, cette peur nous invite à nous questionner et à chercher des réponses et ça c’est très important.

Quand demander une aide complémentaire ?

La sophrologie peut t’aider à identifier tes peurs, apaiser certains symptômes et développer des ressources corporelles et mentales.

Elle ne remplace cependant pas une prise en charge psychologique.

Lorsque la peur devient paralysante, envahit ton quotidien, provoque des crises importantes ou s’inscrit dans un vécu traumatique, il est essentiel d’en parler à ta sage-femme, à ton médecin ou à un psychologue spécialisé.

Demander de l’aide c’est déjà prendre soin de toi.

La confiance ne consiste pas à ne plus jamais avoir peur.

Elle consiste peut-être à savoir que, même lorsque la peur apparaît, tu peux respirer, comprendre ce qui se passe et chercher le soutien dont tu as besoin.

Découvrir un accompagnement autour de tes peurs et de tes ressources

Camille

Je suis thérapeute certifiée et sophrologue spécialisée en périnatalité, ainsi que maman de trois enfants. J’accompagne les femmes pendant la grossesse, autour de la naissance et au cours du post-partum, avec une approche qui associe écoute, respiration, visualisation et pratiques corporelles. Je te reçois dans mon cabinet à Paris et en visio.

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