Coparent pendant l’accouchement : comment soutenir vraiment la femme qui donne naissance ?
« Mais concrètement, qu’est-ce que je vais devoir faire ? »
C’est une question que beaucoup de coparents se posent à l’approche de la naissance. Ils savent qu’ils veulent être présents, soutenir, rassurer, se rendre utiles. Mais ils ne savent pas toujours ce que cela signifie lorsque les contractions commencent, que la femme ne souhaite plus parler ou que tout devient beaucoup plus intense que ce qu’ils avaient imaginé.
Certains craignent de ne pas trouver les bons mots. D’autres ont peur de mal faire, de déranger l’équipe ou de se sentir complètement impuissants face à la douleur. Ils cherchent alors des gestes, des massages, des respirations ou des phrases à apprendre, comme s’il existait une méthode permettant de devenir le partenaire parfait le jour de la naissance.
Je comprends ce besoin de repères. Mais je ne crois pas que le rôle du coparent consiste à maîtriser une longue liste de techniques.
La femme qui donne naissance n’a pas forcément besoin d’un coach qui lui explique comment respirer, se positionner ou traverser chaque contraction. Elle a surtout besoin d’une personne qui la connaît, qui comprend ses besoins et qui peut l’aider à rester reliée à ses propres ressources lorsque l’intensité prend toute la place.
Parfois, cela passera par un massage ou une respiration guidée. Parfois, il faudra parler à sa place, gérer le trajet ou demander une explication. Et parfois, le soutien le plus juste consistera simplement à rester là, sans chercher à remplir le silence.
Le rôle du coparent peut être immense. Non pas parce qu’il contrôle la naissance, mais parce qu’il peut devenir un point de continuité dans un environnement qui change, une voix familière et le gardien de la bulle autour de la femme et de son bébé.
Faut-il savoir exactement quoi faire pendant l’accouchement ?
Non. D’abord parce qu’il est impossible de connaître à l’avance les besoins précis de la femme le jour venu.
Elle peut avoir imaginé qu’elle voudrait être massée et ne plus supporter qu’on la touche. Elle peut penser qu’elle aura besoin d’encouragements et finalement rechercher le silence. Elle peut vouloir marcher, puis ressentir soudain le besoin de s’allonger ou de s’appuyer de tout son poids contre son partenaire.
La naissance est un moment très instinctif. Les besoins peuvent évoluer rapidement, parfois d’une contraction à l’autre.
Le coparent n’a donc pas à appliquer parfaitement ce qui a été décidé pendant la grossesse. Il doit rester attentif à ce qui se passe réellement.
Cela suppose de renoncer un peu à l’idée de bien faire.
On peut avoir répété une respiration pendant plusieurs semaines et découvrir que la femme ne veut plus compter. Avoir appris des gestes de massage et comprendre qu’une main posée sans bouger lui apporte davantage de soutien. Avoir préparé des affirmations très encourageantes et sentir qu’elles l’agacent profondément.
Ce n’est pas que la réflexion faite en amont était inutile. Elle a permis d’ouvrir la conversation et de construire des repères. Mais le jour venu, ces repères doivent rester souples.
La bonne question n’est pas toujours : « Que dois-je faire maintenant ? »
Elle peut être : « Qu’est-ce qui semble l’aider ? »
Le soutien commence bien avant les premières contractions
On parle souvent du rôle du coparent pendant le travail, comme s’il commençait au moment où il faut chronométrer les contractions ou prendre la route de la maternité.
En réalité, une grande partie de ce rôle se construit pendant la grossesse.
Est-ce que vous avez parlé de vos peurs respectives ? De ce que chacun imagine de la naissance ? De la manière dont la femme réagit habituellement lorsqu’elle a mal, qu’elle est inquiète ou très fatiguée ?
Est-ce qu’elle aime qu’on lui pose beaucoup de questions ou préfère-t-elle que l’on prenne certaines initiatives ? A-t-elle besoin d’entendre des explications détaillées ? Est-ce qu’elle se sent facilement envahie lorsqu’on la touche ? Quels mots la rassurent ? Lesquels lui donnent immédiatement l’impression que l’on minimise ce qu’elle vit ?
Ces conversations peuvent sembler très théoriques avant la naissance. Pourtant, elles évitent au coparent de devoir tout deviner dans l’intensité.
Il est également important qu’il connaisse les grandes lignes du projet de naissance, non pas pour le défendre comme un contrat, mais pour comprendre ce qui compte réellement.
Si la femme a exprimé un fort besoin d’intimité, son partenaire pourra être attentif aux entrées dans la pièce, à la lumière ou à la manière dont les échanges se déroulent.
Si elle a peur de ne pas comprendre les décisions, il pourra demander calmement une explication lorsqu’elle ne se sentira plus capable de le faire.
Si elle souhaite essayer de rester mobile, il pourra l’aider à chercher différentes positions sans lui imposer celles qu’il a retenues.
Le projet devient alors un langage partagé. Il ne dit pas au coparent ce qu’il doit obtenir. Il lui permet de mieux reconnaître les besoins de la femme lorsqu’ils apparaissent.
Poser des questions très concrètes avant la naissance
Il peut être utile de sortir des grandes phrases comme « Je serai là pour toi » et d’aborder des situations beaucoup plus précises.
Lorsque tu es inquiète, est-ce que tu préfères que je te rassure ou que je t’écoute sans chercher de solution ?
Si tu dis que tu n’en peux plus, souhaites-tu que je t’encourage encore un peu ou que je prenne immédiatement ta demande au sérieux ?
Aimes-tu que l’on te touche quand tu as mal ?
Quelles zones de ton corps puis-je masser ?
Est-ce que tu veux que je te rappelle de respirer ou cela risque-t-il de te donner l’impression que je te corrige ?
Si tu ne veux plus parler, comment puis-je savoir ce dont tu as besoin ?
Est-ce que tu souhaites que je réponde aux questions de l’équipe lorsque tu es concentrée ?
Veux-tu que je filtre les appels et les messages de la famille ?
Ces réponses pourront changer le jour venu. Mais les avoir évoquées permet déjà au coparent de comprendre qu’aider ne signifie pas toujours parler, toucher ou encourager.
Il apprend à observer.
Un visage qui se crispe.
Une mâchoire serrée.
Une respiration qui devient très rapide.
Une main qui cherche la sienne.
Un mouvement de recul lorsqu’il essaie de masser.
Ces signes deviennent une autre forme de communication lorsque les mots ne sont plus disponibles.
Être le gardien de la grotte
J’aime beaucoup cette idée : le coparent comme gardien de la grotte.
Pendant le travail, la femme peut avoir besoin de se couper progressivement du monde extérieur. Elle se tourne vers ses sensations, cherche son rythme, bouge, respire et entre parfois dans un état très intérieur.
Or la naissance se déroule aussi dans un monde très concret. Il faut préparer les affaires, appeler la maternité, gérer le trajet, répondre à des questions, présenter le dossier, expliquer depuis quand les contractions ont commencé et parfois communiquer avec les proches.
Le coparent peut prendre en charge une grande partie de ce monde extérieur afin que la femme n’ait pas à en sortir constamment.
Être le gardien de la grotte, cela peut signifier :
vérifier que le sac et le dossier médical sont prêts ;
connaître le trajet et les possibilités de stationnement ;
appeler la maternité lorsque cela est nécessaire ;
limiter les conversations inutiles ;
installer la musique ou réduire la lumière ;
répondre aux messages de la famille ;
rappeler calmement un besoin exprimé dans le projet de naissance ;
protéger quelques instants de silence lorsque la femme en a besoin.
Ce rôle n’a rien de spectaculaire. Il se joue dans une succession de détails qui évitent à la femme de mobiliser son énergie ailleurs que dans ce qu’elle traverse.
Et souvent, c’est précisément cela qui lui permet de se sentir soutenue : ne pas avoir à penser à tout.
À la maison : accompagner sans surveiller en permanence
Lorsque le travail commence à la maison, le coparent peut rapidement se transformer en chronomètre humain.
« Combien de temps a duré celle-ci ? »
« Elle arrive combien de minutes après l’autre ? »
« Tu as plus mal qu’avant ? »
« Tu crois que c’est le moment de partir ? »
Ces informations peuvent être utiles. Mais si chaque contraction devient un événement à mesurer et à commenter, la femme peut se sentir observée plutôt qu’accompagnée.
Le coparent peut chronométrer discrètement lorsque cela est nécessaire, tout en préservant une atmosphère aussi calme que possible.
Il peut proposer de l’eau, préparer quelque chose de léger à manger si la situation le permet, chauffer une bouillotte, faire couler une douche, installer des coussins ou aider la femme à bouger.
Mais il n’a pas besoin de proposer une nouvelle solution après chaque contraction.
Parfois, le corps trouve un rythme. La femme se balance au même endroit, respire d’une certaine façon et ne souhaite pas être interrompue. Le meilleur soutien consiste alors à maintenir les conditions qui l’aident.
Cela demande d’accepter que l’action ne soit pas toujours nécessaire.
Rester assis à proximité, disponible, peut sembler insuffisant au coparent. Pourtant, la femme peut ressentir très fortement cette présence calme, même si elle ne lui parle presque pas.
Le trajet vers la maternité : une transition à anticiper
Le passage de la maison à la maternité peut être assez brutal.
Chez elle, la femme a peut-être trouvé une position, une lumière, un son ou une façon de bouger qui l’aident. Puis il faut s’habiller, sortir, descendre les escaliers, monter dans une voiture et se confronter au bruit, à la circulation et aux questions pratiques.
C’est souvent à ce moment que le rôle du coparent devient très concret.
Avoir anticipé l’itinéraire, le stationnement, le numéro de la maternité et l’emplacement du dossier réduit déjà une partie du stress. Chercher une place pendant longtemps pendant que la femme traverse seule des contractions à l’arrière de la voiture peut vite devenir très éprouvant pour tout le monde.
Elle peut s’installer avec des coussins, choisir une position aussi confortable que possible et préserver ses sens avec une musique, un casque ou un masque si cela lui convient.
Le coparent gère alors le reste.
Il ne lui demande pas constamment où sont les papiers, à qui écrire ou quelle entrée emprunter. Il connaît les informations importantes et peut expliquer la situation à l’arrivée.
Cela ne signifie pas qu’il décide à sa place. Il lui évite simplement de revenir vers des tâches pratiques alors que toute son attention est déjà mobilisée.
À l’arrivée à la maternité : devenir un repère familier
La maternité peut être rassurante parce que l’on se sent enfin entourée par une équipe. Elle peut aussi être déstabilisante : nouvelle pièce, nouvelles personnes, examens, lumière, questions et bruits inconnus.
La voix du coparent peut alors devenir un point de continuité.
Il connaît la femme. Il sait ce qu’elle vient de traverser à la maison, ce qui l’aide et ce qui l’inquiète. Il peut l’aider à conserver quelques repères pendant que l’équipe recueille les informations nécessaires.
Cela ne veut pas dire répondre systématiquement à sa place. Tant qu’elle souhaite parler et qu’elle en a la capacité, sa parole reste centrale.
Mais le coparent peut compléter, rappeler une information ou prendre le relais lorsqu’elle ne veut plus sortir de sa concentration.
Il peut également poser des questions simples :
« Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qui va se passer maintenant ? »
« Est-ce qu’elle peut changer de position ? »
« Pouvons-nous réduire un peu la lumière ? »
« A-t-elle quelques minutes avant de prendre cette décision, si la situation le permet ? »
Son rôle n’est pas de s’opposer à l’équipe médicale ni de devenir l’expert de la naissance. Il peut faciliter la communication entre deux mondes : celui de la femme, très intérieur, et celui des soins, nécessairement plus concret.
Comment aider pendant une contraction ?
Lorsqu’une contraction commence, le coparent peut d’abord observer.
La femme a-t-elle trouvé un mouvement ? Cherche-t-elle un appui ? Sa respiration reste-t-elle fluide ou devient-elle très courte ? Son corps semble-t-il se crisper ?
Il peut lui proposer un repère simple, déjà pratiqué pendant la grossesse.
« Souffle doucement. »
« Relâche les épaules. »
« Laisse la mâchoire se desserrer. »
« Appuie-toi sur moi. »
Mais une seule consigne suffit.
Lorsque l’intensité monte, plusieurs phrases prononcées rapidement peuvent devenir impossibles à suivre. La femme n’a pas besoin d’entendre une leçon complète sur la respiration ou la détente.
La voix doit rester calme, lente et familière.
Le coparent peut respirer avec elle plutôt que lui dire comment respirer. Il inspire et expire de manière visible, en laissant son propre rythme devenir un guide. Cela peut être beaucoup plus doux que de compter ou de répéter « respire » lorsqu’elle a justement la sensation de faire tout ce qu’elle peut.
Il peut également l’aider à relâcher quelques zones qui se contractent rapidement : la mâchoire, les épaules, les mains ou les cuisses.
Mais là encore, l’objectif n’est pas de supprimer toutes les tensions. Il s’agit de lui rappeler qu’elle peut laisser le corps se relâcher un peu lorsque cela est possible.
Masser, toucher ou ne rien faire ?
Le toucher peut être très soutenant pendant le travail. Une pression sur le bas du dos, un massage des épaules, une main posée sur le bassin ou un appui ferme peuvent aider certaines femmes.
Pour d’autres, le moindre contact devient insupportable.
Et une même femme peut vouloir être massée pendant une contraction, puis repousser immédiatement la main à la suivante.
Le coparent ne doit pas le prendre personnellement.
Elle ne rejette pas sa présence. Son corps cherche simplement ce qui est supportable dans l’instant.
Il peut demander rapidement : « Ici ? », « Plus fort ? », « J’arrête ? » Puis écouter la réponse, même lorsqu’elle est donnée par un geste plutôt que par des mots.
Le toucher n’a pas besoin d’être technique. Il peut être stable et rassurant. Une main posée entre les omoplates, une pression ferme sur le bassin ou les deux mains qu’elle serre pendant la contraction.
Et si elle ne veut pas être touchée, le coparent reste utile.
Il peut se tenir près d’elle, protéger l’espace, lui apporter de l’eau, l’aider à changer de position ou simplement être disponible lorsqu’elle cherchera à nouveau sa main.
Les mots qui soutiennent… et ceux qui peuvent agacer
Il n’existe pas de phrase magique.
Certains mots peuvent toutefois soutenir parce qu’ils restent simples, ancrés dans le présent et qu’ils reconnaissent ce que la femme traverse.
« Je suis là. »
« Tu n’es pas seule. »
« Cette contraction va redescendre. »
« Appuie-toi sur moi. »
« Ton bébé et toi avancez ensemble. »
« Tu peux changer d’avis. »
« Je t’écoute. »
Le ton compte souvent davantage que la phrase elle-même.
À l’inverse, certains encouragements peuvent être vécus comme une minimisation :
« Ce n’est rien. »
« Détends-toi. »
« Ne crie pas. »
« Tu avais dit que tu ne voulais pas de péridurale. »
« Allez, encore un petit effort. »
« Tu dois respirer correctement. »
Même prononcés avec de bonnes intentions, ces mots peuvent donner à la femme l’impression qu’elle fait mal quelque chose, qu’elle déçoit ou que son ressenti n’est pas entendu.
Dire « calme-toi » à quelqu’un qui se sent complètement dépassé produit rarement du calme.
Le coparent peut plutôt reconnaître : « Je vois que c’est très intense », puis l’aider à revenir vers un repère concret.
La validation précède souvent l’apaisement.
Que faire lorsqu’elle dit qu’elle n’en peut plus ?
Presque toutes les personnes qui accompagnent une naissance peuvent être déstabilisées par cette phrase.
« Je n’en peux plus. »
Elle peut signifier plusieurs choses. La femme a peut-être besoin d’être encouragée. Elle demande peut-être une péridurale. Elle exprime simplement l’intensité du moment sans attendre de solution. Ou elle a réellement besoin que quelque chose change.
Le coparent ne doit pas automatiquement répondre : « Mais si, tu peux. »
Parfois, cette phrase soutient. Parfois, elle donne l’impression que l’on n’a pas entendu la demande.
Il peut commencer par rester près d’elle et demander simplement : « Qu’est-ce qu’il te faut maintenant? »
Si elle demande une péridurale ou un autre soulagement, son rôle n’est pas de lui rappeler coûte que coûte son projet initial. Il peut vérifier que la demande est claire, surtout si le couple en a parlé auparavant, puis la soutenir dans son choix présent.
Changer d’avis n’est pas échouer.
La femme qui vit l’intensité possède toujours davantage d’informations sur son besoin du moment que la version d’elle-même qui avait écrit un projet plusieurs semaines auparavant.
Le coparent ne protège pas le projet contre elle. Il protège sa liberté de choisir.
Soutenir sans diriger
Lorsque l’on a appris plusieurs positions, respirations ou mouvements, on peut avoir envie de les proposer sans arrêt.
« Mets-toi à quatre pattes »
« Essaie le ballo. »
« Fais la respiration que tu as apprise »
« Tu devrais marcher »
La frontière entre soutenir et diriger peut devenir très fine.
Le coparent peut proposer, mais la femme décide.
« Tu veux essayer de bouger ? »
« Le ballon est là si tu en as besoin. »
« Est-ce que tu veux t’appuyer sur moi ? »
Ces formulations laissent de la place à son instinct et à son refus.
Il faut aussi accepter que ce qui semblait très juste pendant la grossesse ne soit pas utilisé. Le corps peut trouver spontanément autre chose.
L’objectif des outils n’est pas de transformer la naissance en chorégraphie parfaitement exécutée. Ils élargissent les possibilités. La femme peut y revenir lorsqu’ils l’aident et les abandonner lorsqu’ils ne correspondent plus à son besoin.
Après la péridurale, le coparent reste essentiel
On peut parfois imaginer qu’après la pose de la péridurale, le rôle du partenaire devient moins important puisque la douleur est prise en charge.
En réalité, la femme peut encore avoir besoin d’être profondément accompagnée.
Elle peut être soulagée, très fatiguée, inquiète par les sensations nouvelles ou déstabilisée par l’immobilité. Le travail continue, même s’il est vécu autrement.
Le coparent peut l’aider à se reposer, lui proposer de respirer, maintenir un environnement calme, l’accompagner dans les changements de position possibles et continuer à la relier à son bébé.
Il peut aussi veiller à ce qu’elle reste impliquée dans les échanges.
Une femme sous péridurale ne devient pas spectatrice. Elle peut continuer à poser des questions, exprimer des souhaits, sentir certaines sensations, visualiser le chemin de son bébé et participer pleinement à sa naissance.
Le soutien ne dépend donc pas du niveau de douleur. Il dépend du besoin de présence, de compréhension et de sécurité.
Quelle place pour le coparent lors d’une césarienne ?
Une césarienne peut être programmée ou décidée au cours du travail. Dans les deux cas, le coparent peut lui aussi se sentir bouleversé.
Il doit parfois changer complètement de représentation en quelques minutes. Il peut avoir peur pour la femme et le bébé, tout en essayant de ne pas montrer son inquiétude.
Sa présence peut alors devenir un repère extrêmement important.
Il peut rester près du visage de la femme, lui parler, respirer avec elle, lui raconter ce qui se passe lorsque cela est possible et lui rappeler que leur bébé arrive.
Si la mère ne peut pas accueillir immédiatement le bébé contre elle, le coparent peut parfois prendre le relais, selon la situation et les possibilités de l’établissement.
Mais il n’a pas besoin de transformer l’expérience en moment forcément merveilleux.
La femme peut être soulagée, heureuse, inquiète, triste ou sidérée. Il peut accueillir ce qu’elle ressent sans lui demander de trouver immédiatement le positif.
Être là signifie aussi reconnaître que la naissance a changé de direction et que cela peut demander du temps pour être intégré.
Le coparent a lui aussi le droit d’avoir peur
On demande souvent au partenaire d’être calme, solide et rassurant.
Mais il assiste lui aussi à un événement immense. Il peut avoir peur de voir la femme souffrir, de ne pas reconnaître une urgence ou de ne pas savoir comment l’aider.
Il peut également être confronté à ses propres expériences médicales, à la vue du sang ou à une forte sensation d’impuissance.
Le nier ne le rend pas plus disponible.
Il peut être utile qu’il réfléchisse avant la naissance à ce qui le déstabilise et aux personnes vers lesquelles il pourra se tourner. L’équipe médicale est là aussi pour répondre à ses questions et lui indiquer ce qu’il peut faire.
Il n’a pas à tout porter seul ni à cacher chaque émotion. Mais pendant le travail, il est important que la femme n’ait pas à le rassurer en permanence.
Cela demande un équilibre : reconnaître sa peur tout en trouvant les ressources nécessaires pour rester présent.
Respirer lui aussi, sortir quelques instants si la situation le permet, boire, manger ou demander un relais peut éviter qu’il arrive complètement épuisé au moment où la femme a le plus besoin de lui.
Prendre soin de sa propre stabilité fait partie du soutien.
Et si le coparent ne veut pas couper le cordon ou regarder la naissance ?
Il n’existe pas d’obligation symbolique à remplir.
Couper le cordon ne détermine pas la place d’un parent.
Regarder la naissance du bébé ne rend pas l’expérience plus profonde.
Certaines personnes ont très envie de le faire. D’autres préfèrent rester près du visage de la femme. Certaines découvrent sur le moment qu’elles veulent regarder, alors qu’elles l’avaient exclu pendant la grossesse.
Là encore, chacun peut écouter ses limites.
Le coparent n’a pas à se forcer pour prouver son engagement. Sa présence se construit pendant toute la grossesse, la naissance et les années qui suivront. Elle ne se résume pas à un geste effectué dans les premières secondes de la vie du bébé.
Il peut en parler avec la femme avant la naissance afin que leurs attentes soient claires et que personne ne vive ce choix comme un rejet.
Et si la personne présente n’est pas le partenaire amoureux ?
La personne qui accompagne peut être la mère, la sœur, une amie, une doula ou toute personne choisie par la femme.
Le rôle reste en grande partie le même : connaître ses besoins, préserver son espace, offrir une présence stable et faciliter la communication.
Le lien amoureux n’est pas ce qui rend automatiquement une personne soutenante.
Ce qui compte est la sécurité ressentie à ses côtés.
La femme doit pouvoir être vulnérable, faire du bruit, changer d’avis, refuser d’être touchée ou demander de l’aide sans craindre le jugement.
Il est donc utile de choisir la personne non pas uniquement selon ce qui paraît socialement évident, mais selon la manière dont elle se sent réellement en sa présence.
Parfois, le couple peut aussi décider qu’une seconde personne sera précieuse. Cela dépend des souhaits de la femme et des règles de la maternité.
L’essentiel est que les rôles soient compris et que la salle de naissance ne devienne pas un espace dans lequel plusieurs personnes donnent des consignes contradictoires.
Et lorsque la femme préfère être seule par moments ?
Être soutenue ne signifie pas devoir rester constamment en interaction.
Certaines femmes ont besoin que leur partenaire reste tout près. D’autres ressentent par moments le besoin de s’isoler, de fermer les yeux ou de ne plus être regardées.
Le coparent peut respecter ce retrait sans l’interpréter comme une mise à distance affective.
Il reste disponible, mais ne demande pas continuellement : « Ça va ? », « Tu as besoin de quelque chose ? », « Tu veux que je fasse quoi ? »
Ces questions répétées partent d’une bonne intention, mais elles demandent à la femme de revenir vers la parole et la décision.
Il peut plutôt observer, proposer ponctuellement puis laisser le silence s’installer.
La présence n’a pas besoin d’être prouvée chaque minute.
Elle peut être discrète et pourtant profondément ressentie.
Se préparer ensemble avec des outils simples
Il n’est pas nécessaire que le coparent maîtrise toutes les techniques utilisées en séance. Quelques repères communs suffisent souvent.
Une respiration avec une expiration plus longue.
Les quatre zones de détente rapide : mâchoire, épaules, mains et cuisses.
Deux ou trois positions dans lesquelles la femme peut s’appuyer sur lui.
Une manière de masser le bas du dos ou d’exercer une pression ferme.
Un mot ou une phrase qui la ramène vers elle.
Une musique ou une visualisation qu’ils connaissent tous les deux.
L’intérêt de pratiquer ensemble pendant la grossesse n’est pas seulement technique. Cela permet au coparent de reconnaître les outils et à la femme de se familiariser avec sa voix lorsqu’elle les guide.
Le jour de la naissance, elle n’entendra pas un exercice nouveau. Elle retrouvera quelque chose de déjà connu.
Mais il faut garder cette souplesse essentielle : ces outils sont disponibles, ils ne sont jamais obligatoires.
Le rôle de la sophrologie pour le couple
La sophrologie peut aider la femme à construire des ressources corporelles et émotionnelles, mais elle peut aussi donner au coparent une place plus claire.
Il comprend les respirations travaillées, les gestes qui aident à relâcher le corps et la manière dont il peut accompagner sans multiplier les consignes.
Nous pouvons également réfléchir à des situations concrètes : le début du travail à la maison, le trajet, l’arrivée à la maternité, la demande de péridurale ou un changement de projet.
Cela ne sert pas à prévoir exactement la naissance. Cela permet au couple de partager des repères et un langage commun.
Le coparent découvre qu’il n’a pas à faire disparaître la douleur, contrôler les événements ou trouver constamment la solution parfaite.
Son rôle est plus simple et parfois plus profond : rester, écouter, protéger, rappeler et accompagner.
Ce que j’aimerais que vous reteniez tous les deux
Le coparent n’a pas besoin d’être un expert de l’accouchement.
Il n’a pas à connaître toutes les positions, toutes les respirations ni à trouver les mots parfaits.
Il doit surtout connaître la femme qui donne naissance.
Savoir ce qui la rassure.
Respecter ses refus.
L’aider à revenir vers ses repères lorsqu’elle le souhaite.
Prendre en charge le monde extérieur pour qu’elle puisse rester davantage tournée vers son corps.
Poser des questions lorsqu’elle ne le peut plus.
Soutenir ses choix, y compris lorsqu’ils changent.
Et rester là sans chercher absolument à faire.
La femme n’a pas besoin d’être dirigée. Elle a besoin de se sentir suffisamment en sécurité pour écouter ce que son corps lui demande et suffisamment soutenue pour ne pas porter seule tout le reste.
Le coparent ne donne pas naissance à sa place. Mais il peut profondément transformer la façon dont elle traverse ce passage.
Être accompagnés pendant la grossesse
Je te reçois dans mon cabinet à Paris ou en visio pour construire des ressources adaptées à ton histoire, à tes peurs et à la naissance que tu t’apprêtes à traverser.
La personne qui t’accompagnera peut prendre part à certains temps de réflexion afin de comprendre les outils travaillés, ton projet et la manière dont elle pourra réellement te soutenir le jour venu.
Nous avançons avec l’échange, la respiration, le mouvement, la visualisation et des situations concrètes autour de la naissance. Cette démarche vient en complément du suivi et des informations transmis par ta sage-femme.
Mon intention n’est pas de donner au coparent une liste supplémentaire de choses à réussir. Elle est de vous aider à construire des repères communs pour que chacun trouve sa place avec davantage de confiance, de présence et de douceur.

